Prenant prétexte du lieu, de son passé et de son histoire, Jörg BOGUMIL aborde l'espace Louis-Feuillade comme le ferait un géologue. Construites sous forme de strates, d'épaisseurs, de couches successives y renfermant même un limon de projections et de coulures, ses peintures n'appartiennent ni à l'abstraction ni à la figuration. Elles prennent corps et vie de façon autonomes, sous la dictée aléatoire de l'artiste, et ne renvoient explicitement ni à l'un ni à l'autre de ces langages visuels.
Condamnant les excès d'une société de l'accumulation, il en fait apparaître l'appauvrissement progressif en des gestes rageurs et ravageurs qui témoignent d'une irritation profonde. Ajoutant encore, superposant d'étranges figures à ce qui apparaît déjà comme une saturation de l'espace peint, il prouve également qu'une toile peut n'être jamais tout à fait terminée.
Joel Délissey

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